Pourquoi l'air ne passe plus la nuit
Pendant le sommeil, les muscles du pharynx se relâchent. Chez certaines personnes, ce relâchement suffit à réduire — voire à fermer — le passage de l'air. L'air qui force à travers un conduit rétréci fait vibrer les tissus : c'est le ronflement. Quand le conduit se ferme complètement pendant au moins dix secondes, c'est une apnée.
Le corps réagit par un micro-éveil, souvent inconscient : la respiration reprend, le sommeil se fragmente. Répété des dizaines de fois par heure, ce mécanisme explique la fatigue au réveil et le retentissement cardiovasculaire.
Où se situe l'obstacle ?
Trois niveaux peuvent être en cause, isolément ou en association. Les identifier est l'objet de l'examen ORL.
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1. Le nez
Déviation de la cloison nasale — elle réduit le passage de l'air d'un côté et favorise la respiration par la bouche, qui accentue les vibrations du voile du palais.
Hypertrophie des cornets — ces structures internes gonflent de façon chronique et rétrécissent les fosses nasales.
Polypes nasaux — excroissances bénignes qui obstruent partiellement les fosses nasales.
Signes évocateurs : nez bouché, respiration par la bouche, ronflement persistant.
2. Le pharynx et le voile du palais
Relâchement du voile — avec l'âge, le surpoids ou le tabac, le voile devient plus souple, vibre au passage de l'air et peut s'affaisser jusqu'à bloquer le conduit.
Amygdales volumineuses — elles réduisent l'espace pharyngé, particulièrement en position allongée.
Luette allongée — elle accentue les vibrations et peut basculer en arrière pendant le sommeil.
Les degrés d'hypertrophie amygdalienne, du plus discret au plus obstructif. C'est ce que l'examen évalue.
Signes évocateurs : ronflement bruyant, sensation d'étouffement nocturne, pauses observées par l'entourage.
3. La langue et la mâchoire
Macroglossie — une langue volumineuse peut obstruer le pharynx, surtout sur le dos.
Rétrognathie — une mâchoire inférieure en retrait réduit l'espace disponible pour la langue, qui recule pendant le sommeil.
Mâchoire étroite ou malposition dentaire — elles limitent également le passage de l'air.
Signes évocateurs : apnées marquées, réveils fréquents, ronflement en position dorsale.
L'examen ORL en pratique
Il est indolore et se déroule en consultation, sans préparation particulière.
- Examen des fosses nasales et endoscopie — visualisation directe de l'intérieur du nez pour repérer les obstructions.
- Examen du pharynx et du larynx — évaluation du voile, de la luette et des amygdales.
- Évaluation de la langue et de la mâchoire — volume, position, alignement.
- Manœuvre de Müller — une inspiration forcée bouche et nez fermés, qui reproduit les zones de collapsus et montre où le conduit cède.
À l'issue de cet examen, le ou les niveaux d'obstruction sont identifiés — et la stratégie de traitement peut être discutée avec vous.
Ce que l'on peut proposer, et dans quel cas
Traitements médicaux
Lavages nasaux, traitement d'une inflammation chronique, prise en charge du poids, rééducation myofonctionnelle. Souvent en complément d'une autre approche.
Orthèse d'avancée mandibulaire
Appareil sur mesure porté la nuit, qui avance la mâchoire inférieure et dégage le pharynx. Indication fréquente dans les formes légères à modérées, ou en cas d'intolérance à la ventilation.
Réalisée sur empreinte numérique, fabriquée en France, prise en charge possible sur indication.
Ventilation nocturne (PPC)
Un flux d'air sous pression maintient les voies aériennes ouvertes. Traitement de référence des formes sévères, avec un suivi de l'observance et du confort.
Chirurgie ORL
Septoplastie, réduction des cornets, chirurgie du voile du palais, amygdalectomie. Envisagée lorsque l'obstacle est anatomique, localisé et accessible.
Mieux respirer la nuit, c'est possible
Le premier pas est un enregistrement du sommeil et un examen des voies aériennes.